Langage des fleurs
Cigüe

La fleur de Cigüe
Symbole de bravoure (qui n'a entendu parler de la mort de Socrate?) la ciguë blanche déclare : « la mort ne me fait pas peur » mais c'est un vrai courage, et non une vantardise : « je braverai la mort s'il le faut ».
La bleue souffre : «je vous suis attachée, mais j'en suis malheureuse ».
La ciguë est surtout connue pour sa dangereuse toxicité. La grande ciguë peut atteindre 2 mètres, la petite ciguë est la plus toxique. Les deux ont des tiges rameuses et des fleurs blanches ou bleues élancées en parapluie à partir du sommet de cette tige.
Le poison contenu dans la ciguë n'est redoutable que dans les régions méditerranéennes ou, en général, chaudes. On rapporte de source sûre qu'au Canada et en Europe du Nord, les animaux et les hommes en mangent avec plaisir.
Son emploi pour l'exécution des condamnés à Athènes est connu. Mais — toujours dans l'Antiquité —, on pratiquait de même en Espagne et en Provence.
Les magiciens de Babylone s'en servaient pour étendre sur la ville la protection des astres. Les Iraniens passaient à la ciguë la lame des couteaux sacrificiels, dont la force était alors décuplée.
Chrysanthème

La fleur de Chrysanthème
Symbole de constance, le chrysanthème reconnaît la fugacité des saisons : « aimons-nous dans la joie précaire de l'automne », mais il ne se laisse pas aller à cette mélancolie; c'est même une fleur qui a beaucoup à dire! Jugez-en : le blanc ? « seule la vérité est durable ». Le doré? « soyons de bonne humeur malgré nos ennuis ». Le jaune? «notre amour est si fragile... ». Le rosé est plus optimiste : « mon affection pour vous ne cessera jamais », et le violet insiste : « pensez constamment à moi ! »
Le rouge, enfin, est d'une parfaite sobriété: «je t'aime».
Qui ne connaît le chrysanthemum ? Ne serait-ce que parce qu'ils fleurissent tous les ans les cimetières de novembre... Cette fleur d'Extrême-Orient produit en automne des fleurs plus ou moins grosses, aux nombreux coloris (blanc, rosé, rouge, jaune, violet) dont un «doré» qui a valu son nom à la plante : en grec, chrysos = or et anthemos = fleur.
Certes, des infusions de chrysanthèmes (feuilles et boutons, un mois sur deux) passent pour désintoxiquer du tabac, de l'alcool et. . . des médicaments toxiques. Mais cette fleur est avant tout l'une des plus appréciées en Asie lointaine, où elle est signe de longévité, voire d'éternité.
Le chrysanthème héraldique de l'empire japonais a 16 pétales : elles sont la représentation d'une rosé des vents au centre de laquelle le Mikado régente et désigne à la fois les points cardinaux.
En Chine, la représentation d'un chrysanthème entouré de 9 cailles possède une haute valeur symbolique. Le chrysanthème fleurit en effet au neuvième mois de l'année chinoise, signe de constance et de longue vie (ainsi l'on mêle des fleurs séchées à l'alcool de riz, le saké du printemps) ; la caille est un oiseau symbole de paix : ainsi ce tableau signifierait que 9 races — ou 9 générations — connaîtront ensemble la véritable paix : autant dire que c'est là un événement tout à fait extraordinaire...
Le philosophe Tchou T'ouen Yi pensait que cette fleur était une sorte d'ermite, car elle fleurit après la fin des travaux de la terre, et semble se cacher des hommes. Quant au poète So Kong Tou, il en fait la fleur taoïste par excellence, discrète et fataliste.
Depuis des dizaines de siècles, il n'est sans doute pas de plantes plus fréquemment dessinées par les peintres chinois, avec les pivoines.
Chèvrefeuille

Le chèvrefeuille
Symbole des liens indissolubles, cette fleur optimiste dit : « rien ne nous sépare», le jaune et le rouge avec une pointe de mysticisme : « serons-nous éternellement unis ? ».
Le chèvrefeuille blanc rappelle à votre amie que personne ne connaît les liens qui vous unissent :
« notre amour est secret ».
Le lonicera (dédié au botaniste allemand du XVIe siècle, Lonitzer) est une plante qui s'enroule sur tous les supports, rustique; suivant les variétés, son feuillage, au parfum agréable, est caduc ou persistant.
Le lonicera periclymenum est le chèvrefeuille des bois, bien connu, à feuillage caduc; il fleurit de juin à septembre (blanc ou rosé). D'autres variétés ont des fleurs jaunes ou blanches, veinées.de rouge. Le lonicera brownii a des fleurs rouge-orangé qui persistent tout l'été, mais il n'a aucun parfum...
On dit qu'un chèvrefeuille sauvage aurait percé la dalle du tombeau d'Héloïse et Abélard, unissant les amants dans la vie éternelle. Moins poétique, mais plus rentable : allumez une bougie verte au milieu d'un amas de rameaux fleuris de chèvrefeuille et longuement, les yeux fixés sur la flamme, pensez au chiffre de la somme dont vous avez besoin ; c'est une affaire de concentration; donc, patience...
En Bourgogne, une branche fleurie de chèvrefeuille à la fenêtre d'une jeune fille signifie qu'elle a besoin d'amour... et les vieilles dames doivent éviter d'y toucher : elles s'amouracheraient du premier venu !
Le chèvrefeuille près d'une maison la protège ; il est vrai que cette plante, très sensible aux vibrations telluriques du sol, dépérit dans les lieux à risques.
Enfin, si d'aventure vous en veniez à douter de vos capacités intellectuelles, massez-vous donc le front et le cou avec des fleurs écrasées de chèvrefeuille : alors viendront les idées lumineuses et les bons génies.
Chardon

Le langage de la fleur de Chardon
Symbole d'austérité, voire de déplaisir, le chardon a des vertus exorcisantes et protectrices. « Vous me faites de la peine », dit-il, ou encore : « pourquoi vos goûts sont-ils si sévères ? ».
Il est à noter que tous les chardons sont masculins, sauf le robuste chardon bleu des sables (panicaut/
Quant à la devise de la Lorraine, elle est connue : c'est un chardon et il met en garde « qui s'y frotte s'y pique! »
On regroupe sous ce terme une foule de plantes bien diverses, dont le point commun semble qu'elles sont toutes pourvues dépeintes et de griffes ! Mais quatre sortes de chardon sont plus connues :
- Le chardon-Marie dont les feuilles ont des nervures blanches
- Le panicaut feryngiumj, aux feuilles dentelées, d'un bleu pastel, qui affectionne les endroits incultes
- Le chardon béni, chardon magique du Moyen Age, tendre, blanchâtre et laineux
- La cardère, qui peut atteindre 2 mètres, et servait autrefois à carder la laine (on l'appelle aussi chardon à foulon).
Le chardon-Marie (il tire son nom de ses feuilles veinées de blanc, trace dit-on du lait coulant des seins de la Vierge lorsqu'elle dut fuir de Judée en emportant le nouveau-né Jésus) est renommé depuis fort longtemps pour ses vertus stimulantes.
Il est recommandé d'en avoir des graines sur soi et autrefois on en faisait manger aux vaches, qui donnaient alors un meilleur lait. Les hommes en préparaient les pousses en salade, cette nourriture au goût d'artichaut ayant pour effet d'accroître leur énergie, leur résistance, et par là d'en faire, disaient les Savoyardes, de meilleurs amants! Les nomades arabes du Proche-Orient et les Chinois l'appréciaient également. Le chardon béni fut employé durant tout le Moyen Age pour des rites de guérison.
Brûlés dans la cheminée durant l'orage, ils éloignent la foudre. Plantés sur la crête des murs, ils dissuadent les voleurs ; autour de la maison ils lui font une aura protectrice. Victor Hugo évoque l'eryngium dans ces vers des Contemplations :
Et je pense, écoutant gémir le vent amer, Et l'onde aux plis infranchissables; L'été rit, et l'on voit sur le bord de la mer Fleurir le chardon bleu des sables.
Centaurée

La fleur de Centaurée
Symbole de bonheur, la centaurée rappelle aux oublieux ou aux distraits : « Sachez que je vous aime toujours »...
La centaurea est une plante annuelle ou vivace, à tige haute de 50 à 120 centimètres en moyenne. Elle se pare en été de toutes les couleurs : jaune, rouge, rosé, bleu (cette dernière plus connue sous le nom de bleuet : voir cette fleur). Il existe une centaurea candissana, d'environ 25 centimètres seulement, au feuillage blanchâtre et duveteux.
Outre l'origine de son nom (voir au bleuet), la centaurée (centaurea cakitrapa) est connue pour avoir décoré la couronne d'épines du Christ : c'est pour cette raison, dit-on, que cette variété prestigieuse laisse suinter un liquide rouge-sang lorsqu'on casse une tige adulte.
